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600 industriels, développeurs et élus rassemblés à Dijon pour le colloque national éolien

L’industrie de l’éolien veut rebondir sur les doutes suscités par le nucléaire après le drame de Fukushima pour s’afficher comme une vraie industrie, non seulement propre mais compétitive, rentable et créatrice d’emplois.

“Energie propre, respectueuse de l’environnement” : les mots ont été repris à l’envi par les 600 industriels et développeurs, qu’avaient rejoints quelques élus, réunis mardi à Dijon pour le deuxième colloque annuel de l’éolien, sur le thème “les raisons de l’engagement”.

Les quelques dizaines de personnes de la Fédération environnement durable, qui brandissaient à l’entrée des pancartes sur “le saccage des paysages”, le bruit et “l’atteinte à la diversité” que provoqueraient les éoliennes, n’ont ému personne.

“La question du nucléaire a sur-déterminée l’approche énergétique française”, a regretté le député PS Philippe Tourtelier. Aujourd’hui, après Fukushima, “on ne fera pas l’impasse d’un vaste débat public sur les questions énergétiques en France”, a lancé le député UMP Bertrand Pancher.

Venue à Dijon apaiser les inquiétudes des industriels, inquiets des “freins” mis au développement de la filière, la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a notamment parlé d’emplois.

Alors que les populations acceptent moins facilement l’installation d’éoliennes, elle a estimé que “si l’on voyait plus clairement l’intérêt en matière d’emploi, il y aurait moins de réticences”.

“Chaque jour nous créons des emplois non délocalisables”, a lancé Nicolas Wolff, président de France énergie éolienne, branche du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Le secteur à ce jour a créé 11.000 emplois. Comme prévu par le Grenelle pour 2020, et pourvu que l’Etat simplifie les procédures administratives, “on s’engage à 50.000 de plus”, a-t-il déclaré.

La France partie en retard

Dans la foulée du colloque qui se tient mercredi à Dijon le 1er Forum national des métiers de l’éolien, où l’on attend 1.000 à 2.000 jeunes ou chômeurs, à qui seront proposés des métiers allant de chaudronnier à chef de projet. “Des métiers d’avenir”, selon Michèle Lailler-Beaulieu, directrice du Pôle-emploi de Dijon. En deux ans, la Bourgogne a perdu pas moins de 10.000 emplois industriels.

Pour la fabrication, la France est partie en retard sur plusieurs grands pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne, et le marché français est occupé par des industriels étrangers : le danois Vestas, les allemandes Repower, Enercon, Nordex…

Cependant, nombre d’entreprises font du sous-traitement, comme Ceole, près de Dijon, qui fabrique 90 mâts d’éolienne par an et a embauché 60 personnes.

Des pôles de compétitivité se créent, comme le cluster “Wind4Future”, qui réunit 38 entreprises du secteur en Bourgogne, une région particulièrement pauvre en éoliennes qui cherche à développer la filière.

En France, de grands groupes s’impliquent de plus en plus dans l’éolien, comme Alstom ou Areva. Le secteur exporte et la balance commerciale de l’éolien est aujourd’hui probablement positive, se félicite Jean-Louis Dal, président du SER.

En 2009, les importations étaient d’un milliard d’euros et les exportations de 950 millions d’euros, la dynamique s’étant aujourd’hui amplifiée selon lui.

Le SER prévoit de publier avant la fin de l’année un livre blanc avec 60 propositions, visant à créer “des dizaines de milliers d’emplois” dans les énergies renouvelables, selon M. Bal. “Nous construisons une nouvelle économie”, se réjouit-il.

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